Zone de Texte: L’EGLISE SAINT DIDIER
Zone de Texte: HISTORIQUE

LE MONASTERE
	Aux archives Nationale de Paris (1) est conservée la chartre de donation d’une certaine Clothilde qui institua en l’an 670 sa nièce Mummola, première abbesse du monastère qu’elle venait de fonder à Bruyères-le-Châtel. Elle donnait à cette abbaye des biens situés en ce village ainsi qu’à Fontenay-les-Briis.
	L’existence de ce monastère fut de courte durée. Cependant, il en subsiste à Bruyères une chapelle qui par la suite fut appelée tantôt église Notre-Dame, tantôt de la Magdeleine. Située dans l’enceinte du château elle constitua alors avec Saint Didier une double cure.

L’EGLISE ET LE PRIEURE
	L’église, de nos jours seul lieu de culte du village, fut érigée vers le milieu du XIème siècle sous le patronage de Saint Didier, évêque de Langres et martyr, au sein du prieuré dont il ne reste à l’heure actuelle que l’ancienne Grange aux Dîmes transformée en maison d’habitation.
	D’après les bulles pancartes extraites du  Pouillé général du Monastère de Saint Florent de Saumur établi vers 1270, Saint Didier de Bruyères figurait parmi les treize églises et trois chapelles des environs de Paris possédées par ce monastère. Dans le chartrier de Saint Florent se trouve une pièce du tome VII de « Gallia Christiana nova » (2) indiquant qu’en 1070 :
	« Geoffroy (de Boulogne). Evêque de Paris, confirme à Guillaume, abbé de Saint Florent, l’église de Bruyères-le-Châtel avec la chapelle du château….. »
	L’église s’est modifiée et agrandie au cours des siècles. A travers l’Histoire du Diocèse de Paris rédigée par l’Abbé Lebeuf (3) on a pu recueillir certaines caractéristiques existant à cette époque et aujourd’hui disparues. Ainsi il signalait trois statues couchées sur une même dalle dans la chapelle Notre Dame de l’église dont l’histoire fera l’objet d’un titre spécial. L’abbé signale également un autre gisant représentant un chevalier tout armé avec un chien à ses pieds. L’hypothèse qu’il puisse s’agir d’un des seigneurs de Bruyères peut être écartée malgré le lion, emblème de ces seigneurs, qui figurait sur les armoiries placées à gauche de la statue, mais qui était accompagné de trois chevrons. En 1471, le seigneur Louis de la Rochette aurait été enterré dans la chapelle de la Vierge. Le cœur de Charles Beauvart, abbé de Saint Florent aurait été embaumé en 1645 et déposé dans le chœur de l’église où déjà reposait sous une stèle depuis le siècle précédent, Jacques Martin, curé de Bruyères, revêtu des ornements sacerdotaux. De tout cela il ne reste plus rien.
	L’abbé Lebeuf confirme qu’à Bruyères existaient bien deux paroisses, d’une part l’église du château restée paroisse jusqu’en 1649, avec un curé en titre, l’autre représentée par l’église Saint Didier, un prieur en assumant la charge. Elles étaient desservies alternativement chaque semaine par les deux ecclésiastiques pour l’office, les sacrements et enterrements. Ces assertions confrontées au Registre des Visites archidiaconales de Josas (4) semblent tout à fait exactes. Effectivement ce manuscrit inconnu de l’abbé Lebeuf, pourtant le mieux informé de tous les historiens de l’époque, possède un caractère d’intimité presque inviolable. Il relate les visites de 1458 à 1470 et est influencé par les évènements de l’époque, moins agitée que la première moitié du siècle, mais toutefois assez mouvementée. Au Moyen Âge le diocèse de Paris était divisé en trois archidiaconés : Paris, Josas et Bré avec un prêtre archidiacre à sa tête. Bruyères-le-Châtel dépendait de celui de Josas constitué par les doyennés de Chateaufort et Montlhéry.
	Le cardinal de Noailles le 15 septembre 1716 éteignit et supprima le titre de prieuré de Saint Didier à la suite du décès du Prieur, Frère Pierre de la Croix. Par lettres patentes de sa Majesté Louis XV, établies à Versailles en août 1734, les biens et revenus de l’église furent transférés aux Religieuses de l’Abbaye de Notre-Dame de la Saussaye.
	En 1754 les deux paroisses furent réunies, Saint Didier en étant l’église et Notre-Dame devenant exclusivement la chapelle du château. En fait, depuis 1679 les paroissiens de Notre-Dame avaient été réunis à ceux de Saint Didier, il ne restait de vestige du culte au château que la messe à laquelle le seigneur du lieu était très attaché.
	Au moment de la Révolution, Louis Paulus était le curé de la paroisse. Il refusa de prêter serment lors de la constitution civile du clergé en 1791 et se retira à Paris. Son successeur, Louis Moynet, prêta le serment requis. En 1793, lors de la guerre contre la Prusse et l’Autriche, la Fabrique de l’église fit un don patriotique de 35 livres et le 13 juillet les cloches furent descendues pour en faire don à la Convention. Une seule fut sauvée par Brancas, alors propriétaire du château, qui offrit en échange celle de son  manoir. Est-ce celle-ci qu’abrite actuellement le clocher ou bien une des autres d’origine ? Quoi qu’il en soit, prénommée Marie-Louise, elle porte cette inscription sur son pourtour :
«  An 1682, Marie-Louise fut nommée par M. Jean-Louis Le Mairat, Seigneur, Marquis de Bruyères-le-Châtel, Conseiller du Roy en sa Cour et Dame Marie Bochart, Baron, épouze de M. René de Marillac, Chevalier, Seigneur d’Ollainville, Conseiller d’Etat ordinaire. »
	Le 3 décembre 1793, la municipalité offrit à la Convention les objets précieux ayant appartenu au clergé deux calices et leurs patènes en vermeil, un ostensoir de même matière avec quinze perles et brillants, puis un plat, une burette, une croix, un ciboire, une couronne en argent et un cercueil en plomb. Deux mois plus tard, les grilles du cimetière ainsi que les ferrures et cuivres de l’église furent envoyés au district de Corbeil. En fait cette année-là,  Bruyères-le-Châtel et Ollainville qui dépendait au plan cultuel de la paroisse Saint Didier, décidèrent de suspendre l’exercice du culte, ceci sous l’influence du curé assermenté Moynet, fervent révolutionnaire qui avait détourné l’église de sa mission première.
	L’église ne sera rouverte que le 4 juin 1795. Cependant la tourmente révolutionnaire avait laissé des traces à l’édifice qui, en outre, avait été dépouillé des tous ses ornements. La Fabrique était tout autant démunie. Les notables de Bruyères, les marguilliers, le curé (celui qui avait succédé à Moynet) et sans doute aussi les membres de la Confrérie de Sainte Claire allèrent quêter dans chaque maison du village. Ainsi une croix fut replacée sur l’église et un coq vint orner le clocher. D’autre part, l’effort de tous les paroissiens permit d’effectuer des travaux de première nécessité dans l’édifice.
	Au cours du XIXème siècle, la Confrérie de Sainte Claire, qui fut créée croit-on, sous l’Ancien Régime, contribua à redonner à l’église son faste d’antan. Les recettes provenaient d’une part, d’une cotisation annuelle de cinquante centimes versée par chaque membre et d’autre part, du produit de quêtes. Les fonds ainsi obtenus étaient employés soit à des réparations, soit à l’achat de cierges, chandeliers, croix, linge d’autel, confection de bannières, etc… un registre comptable retrouvé dans les archives, révèle l’importance de la paroisse à cette époque, laquelle possédait un bedeau, un suisse et même un chantre ! Elle était placée sous l’autorité de l’Evêché de Versailles qui semblait alors exercer un sérieux contrôle, comme en témoigne en  1837 un document émanant de l’évêque Louis-Marie-Edmond Blanquart de Bailleul. Effectivement, à la suite d’une visite, ce prélat statua et ordonna que dans un délai de trois mois, la coupe en cuivre du ciboire soit remplacée par une autre en argent et dorée intérieurement, qu’une lumière soit entretenue tous les jours devant le Saint Sacrement depuis l’Angélus du matin à celui du soir, que le confessionnal soit réparé, que la cure de Bruyères-le-Châtel, conformément au décret du 23 prairial en XII s’entende avec la municipalité pour que soit ménagée dans le cimetière, au moyen d’une haie vive ou de toute autre trace,  une portion de terrain destinée à recevoir les corps qui ne pouvaient être déposés en terre sainte. Il prescrit également que soit organisé immédiatement un Conseil de Fabrique conformément au décret du 30 octobre 1809, de dresser un inventaire du mobilier de l’église lors de la première réunion de ce Conseil et d’établir chaque année le relevé des recettes et dépenses. Ce document devrait être adressé en triple exemplaire à l’Evêché pour approbation. L’Evêque terminait en conseillant au curé d’amener les parents par ses « paternels avis » à ne plus s’opposer à la confession de leurs enfants de plus de sept ans.
	En 1840, le cimetière qui entourait l’église fut désaffecté et les tombes transférées dans celui qui avait été aménagé en dehors du village en 1837. on planta alors des arbres autour de l’église.
	En vertu de la loi de séparation des biens de l’Eglise et de l’Etat votée en 1905, la Fabrique dut dresser un inventaire de toutes les possessions de la paroisse. Cette nomenclature fut remise le 8 mars 1906 par Paul de Man, commissionné et assermenté spécialement délégué par le Directeur des Domaines à Versailles, en présence de monsieur le curé Cosson et de messieurs Dotteau, Coret et Blumstein. La description montre la richesse de l’église, tant en vases sacrés qu’en ornements, tableaux, mobilier et linge. L’édifice par lui-même devenant propriété de la commune était estimé à 40 000 francs et la coche à 1 500 francs. Le document se terminait par la mention de la protestation remise par le curé émanant de madame de Ferrières et de monsieur de Couët qui se réservaient le droit de récupérer les objets qu’ils avaient donnés.
Cote K, n°10
(2)	HODIN (Félix, Dom) et Dom Etienne Brice, Gallia Christiana Nova, tome VII, Province de Paris, réed. Paris 1744.
LEBEUF (Abbé), Histoire de la Ville et de tout le Diocèse de Paris, Paris, 1754-1758, réed. Féchez et Letouzey, 1893, vol. in-8°, p. 464/469.
Ces visites furent publiées en 1902 par l’Abbé J.M. Alliot, Curé de  Chennevières


		

	
Zone de Texte: A LA MÉMOIRE DE ….

	Plusieurs dalles et plaques funéraires à la mémoire de bienfaiteurs de la paroisse se trouvent encore dans l’église. Certaines mentionnées dans l’Histoire du Diocèse de Paris ont disparu, d’autres subsistent encore. Mais le fait le plus étrange est la découverte en 1998, dans le petit oratoire de l’ancien domaine de Morionville, aujourd’hui les établissements Vitakraft, de deux gisants. C’est une curieuse histoire :
LES GISANTS :
	Ces deux statues de femmes rescapées de la Révolution sont restées à l’abri dans cette petite chapelle pendant plus de deux siècles. Depuis 2004 elles ont réintégré l’église et sont couchées l’un derrière l’autre dans le bas-côté Nord. L’histoire en a été  contée sur ce site au début de sa création.
DALLES ET PLAQUES FUNERAIRES :
	Il subsiste encore quelques plaques et dalles datant de l’Ancien Régime. La plus ancienne est celle située sur le mur Ouest du bas-côté, derrière les fonts baptismaux, et que l’on a par erreur attribuée aux premiers seigneurs de Bruyères qui portaient le nom de leur village. Il s’agit d’un fragment concernant un certain Thomas qui demandait que son souvenir se perpétue par un obit. Le style gothique de l’inscription suggère que cette pierre date du XIVè siècle environ. Deux dalles de pierre blanche dressées verticalement contre le mur Nord évoquent la famille Dugué du domaine d’Arny. Ces stèles étaient auparavant engagées en partie sous les bancs de la nef. L’une d’elles est peu lisible et représente un sarcophage enrichi de cannelures et accosté de deux torches fumantes au dessous de l’épitaphe du Procureur fiscal Jean Dugué, décédé le 17 février 1698, à l’âge de 55 ans. L’autre est celle de son épouse, Françoise Gonnet, décédée en 1692, inhumée dans l’église aux côtés de ses deux filles décédées respectivement en 1689 et 1691 à l’âge de 19 et 24 ans.
	Encore visible de nos jours, dans la chapelle de la Vierge ou transept Sud, une dalle sur le sol représente un cœur. L’inscription très effacée laisse cependant discerner qu’elle recouvrait les cœurs de Jean-Louis Lemairat, baron de Lustracq, Maître des Comptes et de son épouse, Charlotte Laisné qui institua dans la paroisse en 1668, un établissement des Filles de la Charité, une des fondations créées par Vincent de Paul avec Louise de Marillac.. Quatre générations des Le Mairat se sont succédé de 1671 à 1784 à la tête de la seigneurie de Bruyères. Une plaque de marbre noir apposée sur le mur Nord de l’église est dédiée à Joachim Le Mairat, dernier seigneur de Bruyères de cette lignée. Cette plaque fut offerte par son épouse Dame Edmée Geneviève Vallier.
	
Zone de Texte: 	Tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’édifice est évoquée la mémoire de certains des châtelains de l’ancien fief de Morionville :
	- Sur le mur Ouest intérieur, au-dessus des fonts baptismaux est apposée une plaque en pierre blanche à la mémoire de Claude, René Le Long, ancien magistrat décédé en 1794. né en 1739, il fut réputé bienfaiteur des pauvres. Personnage haut en couleurs on l’appelait également le Docteur Le Long parce qu’il s’intéressait à la médecin  et faisait office d’accoucheur. Après avoir été incarcéré à la prison  du Luxembourg à la suite d’une dénonciation, il fut libéré en 1794 mais devait mourir peu de temps après.
	- Sous le porche à l’extérieur, deux dalles brisées : l’une dont l’inscription est en partie effacée, recouvre le corps de Geneviève Elisabeth Visinier, décédée dans sa 92ème année le 9 novembre 1808. veuve de Jean-Baptiste, René Le Long, ancien magistrat, elle était également la mère de Claude Le Long évoqué ci-dessus. L’autre est celle de sa fille, Geneviève, Elisabeth Le Long, décédée à l’âge de 85 ans le 18 août 1826. elle était la veuve de Jean-Claude Geoffroy d’Assy, lequel fut arrêté à Morionville en février 1794 alors qu’il était âgé et impotent. Emprisonné à la prison du Luxembourg il fut mêlé à la pseudo-révolte des prisons et malgré les pétitions des Bruyèrois, guillotiné le 9 juillet 1794. il repose en la nécropole de Picpus et son nom figure sur les plaques de marbre de la chapelle de ce cimetière.
	- Enfin dernièrement, une plaque en pierre noire a été retrouvée et placée contre le mur Nord de la deuxième travée du bas-côté. D’après les archives elle aurait primitivement été apposée sur un des murs du chœur. La gravure en latin révèle que l’autel aurait été dédié en 1863 à Alfred Geoffroy d’Assy par la piété de Maître Edouard Geoffroy d’Assy, notable du village, sous l’autorité de Maurice Gosselin, recteur de la paroisse.
	Les paroissiens au cours des temps, ont également voulu perpétuer le souvenir de personnages qui se dévouèrent à Bruyères. Ainsi :
	- Sur le mur Nord à l’intérieur de l’église, au-dessus de la porte donnant accès au clocher, se trouve une plaque de pierre commémorant François, Paul Brassin, décédé le 25 mai 1823 à l’âge de 71 ans. Il fut inhumé au cimetière neuf de Bruyères mais « parce que son nom est inscrit dans les annales de la charité, les habitants de Bruyères ont voulu que son cœur fut déposé dans cette église devant ce monument ».
	- Une plaque sur le mur Nord rappelle le souvenir de  Claude Carré, mort en 1779. chirurgien accoucheur, il était le père de Guillaume,  maire de Bruyères-le-Châtel de 1805 à 1847. A l’extérieur de l'église, à l’extrémité du collatéral Nord, une autre plaque évoque son épouse, Marie-Thérèse Lheureux, décédée en 1806.
	Enfin, en partie dissimulée derrière une statue et posée sur le sol près d’un pilier du bas-côté gauche, une plaque de fonte porte l’inscription suivante :
	«  Ici repose en attendant la résurrection, le corps de l’Abbé Maurice Gosselin, curé de Bruyères-le-Châtel, décédé le 7 mars 1873 dans sa 64ème année, après 19 ans de ministère dans la paroisse ».
	Il ne peut être établi à quel endroit exactement ce curé, qui emportait tous les regrets de ses paroissiens, a été  inhumé.
	Pour clore cette énumération, à gauche de l’autel de la chapelle de la Vierge, se trouve une dalle scellée dans le sol portant l’inscription suivante :
	« Ci-gît le cœur de la sœur Marguerite, Fille de la Charité, âgée de 90 ans et de 73 ans de vocation. Elle est décédée le 12 avril 1755. priez Dieu pour son âme ».
	Il s’agit de Sœur Marguerite Fauconnet.

Zone de Texte: DESCRIPTION DE L’EGLISE
Zone de Texte: 	Le 12 juin 1931, l’église Saint Didier fut classée aux Monuments Historiques. En 1944 la cloche de bronze fut également classée. Enfin tous les vitraux des remplages des trois baies de la chapelle Sud et ceux des deux fenêtres de la chapelle Nord furent classées en 1979.
	Le bâtiment, précise l’abbé Lebeuf, n’est pas du temps où les religieux de Saint Florent de Saumur en prirent possession. Les épitaphes gravées qui existaient à son époque sur de petites pierres paraissaient alors avoir été détachées des murs de l’ancienne église où elles avaient dû être cramponnées parmi les carreaux du sanctuaire, ce qui tendrait à prouver que là n’était pas son lieu d’origine. On lisait en 1750 le sommaire du procès-verbal de la dédicace en ces termes :
	« En 1254, le jeudi 10 May de l’autorité de Jehan de Bellay, Cardinal de Sainte Cécile, Evêque de Paris, cette Eglise de Brières-le-Chastel, en l’honneur de Dieu et de Monsr. Saint Didier, Patron d’icelle, fut dédiée par Révérend Père en Dieu Charles Boucher, Evêque de Magarence et Abbé de Saint Magloire de Paris ; présents …. Lyenard de Fossez Prieur, et Lucas Girbert, Curé de ladite  Eglise, Nobles Personnes Jehan d’Allonville, sieur dudit lieu et Damoiselle Jehanne de la Rochette, sa femme, Demoiselle Jacqueline de Vuicardel,  veuve de Jacques de la Rochette, Sieur en partie dudit  Brières et Sieur de Dollainville, Paroisse dudit Brières ».
Zone de Texte: L’EGLISE VUE DE L’EXTERIEUR
	Notre église est un bel édifice de la période romano-gothique. Il a été transformé et agrandi, comme beaucoup de ses semblables dans la région, au gré des génération qui se sont succédé. L’extérieur est le reflet du volume intérieur.
	Les fondations sont en meulières. Les murs sont construits en moellons de meulières, en blocs taillés de meulières et les contreforts sont en grès, comme la chapelle Sud qui est entièrement en grès.
	De l’église romane, il ne reste que les murs des deux premières travées, les contreforts sont vraisemblablement des ajouts des XIVè et XVè siècles. A la base du clocher on peut voir l’emplacement d’une porte murée qui pourrait être celle par laquelle on transportait les morts de l’intérieur de l’église au cimetière qui l’entourait. Le fait qu’elle soit à un mètre environ du sol démontre que celui-ci fut surbaissé à l’époque où les corps furent transférés dans le nouveau cimetière. Les marques d’une porte identique sont également visibles sur le mur Sud.
	Le clocher intégré sur la troisième travée est un vestige remanié du style roman. Il est à quatre niveaux. Les niveaux deux et trois sont percés de baies sur les façades Nord et Ouest. Au quatrième niveau, chaque face est garnie de deux baies géminées. La tourelle de l’escalier accédant au clocher, qui pourrait être de la fin du XIVè siècle, est accolée à l’angle de la deuxième et troisième travée. La toiture à huit pans en forme de flèche est couverte en ardoises noires, elle contraste d’ailleurs avec le reste de la couverture de l’édifice qui est en petite tuiles. Elle a été réparée après une chute dévastatrice de grêlons en 1951. l’horloge au cadran blanc fixée auparavant sur un des pans du toit fut remplacée à cette occasion par un simple cadran doré sur la pierre à hauteur du troisième niveau sur les murs Est et Ouest.
	Le porche d’entrée refait en 1851, devait à l’origine avoir trois ouvertures en ogive, celle du Sud a été murée.

Zone de Texte: DISPOSITION INTERIEURE
	L’édifice est composé d’un vaisseau principal de quatre travées. Au Nord sur les deux premières travées se trouve l’unique bas-côté. La porte donnant accès au clocher est à l’angle de la deuxième et troisième travée. Ce bas-côté possède trois fenêtres de style roman, l’une sur le mur Ouest et les deux autres sur le mur Nord. La quatrième travée possède de chaque côté les deux chapelles, celle du Nord et celle du Sud. L’ensemble se termine par une abside polygonale à cinq pans, avec quatre fenêtres des deux côtés et un oculus au centre. La chapelle Sud est de deux travées avec deux fenêtres sur le mur Sud et une partiellement murée sur le mur Est.
	A l’origine l’église était de dimension modeste, longue de trois travées et composée d’un vaisseau principal et d’un bas-côté unique au Nord. La quatrième travée ainsi que l’abside et les deux chapelles latérales, de style incontestablement gothique, sont venues s’ajouter au fil des ans.
Zone de Texte: Les Fonts baptismaux
Zone de Texte: L’autel disparu
Zone de Texte: Statue de St Didier
Zone de Texte: Une croix de consécration
Zone de Texte: VISITONS L’EGLISE
	Le bas-côté Nord : En dépit des fenêtres romanes qui en percent les murs, le plafond surbaissé par rapport à la nef est formé de voûtes gothiques. A la première travée se trouvent les fonts baptismaux datant du XVIIè siècle. Il s’agit d’une vasque en pierre à godrons surmontée d’un couvercle en bois sculpté et doré. Un bénitier en pierre blanche est scellé sur le premier pilier de la première travée qui pourrait dater également du XVIIè siècle. Contre le mur Nord devant les fonts baptismaux et comme en témoignent les dalles manquantes au sol qui en indiquent l’emplacement, existait à la fin  du siècle dernier, un autel secondaire en bois surmonté d’un tabernacle. Au-dessus, un retable encadrait un tableau du XIXè siècle représentant Sainte Elisabeth de Hongrie. A la seconde travée reposent les deux gisants.
	Sur la droite et communiquant avec la nef, un passage est aménagé où un autel en bois s’adosse au pilier. Le retable qui le surmonte encadre un tableau du XVIIIè siècle représentant l’annonce du martyre de Sainte Catherine d’Alexandrie. Au dessus, à environ trois mètres du sol et reliant les deux piliers, une tribune en bois en traverse l’espace. On y accède par un escalier dissimulé dans les boiseries. Face à cette tribune sur le mur Nord, entouré d’un ouvrage ogival en bois sculpté, Saint Didier en évêque brisant les idoles est représenté sur une grande toile peinte, malheureusement  endommagée, qui pourrait être de la fin du XIXè siècle.
 	La chapelle Nord : Dédiée à Saint Didier, elle pourrait dater du XIIè siècle mais aurait souvent été remaniée. Une statue de ce saint, patron de l’église, est placée à droite de l’autel et adossé au mur Est, tandis qu’à gauche Saint Vincent, patron des vignerons, tient dans sa main un rameau. L’autel, le tabernacle et l’ouvrage qui le surmonte sont en pierre sculptée. Contre le mur Nord, un confessionnal en bois a été déplacé de la chapelle Sud, son lieu d’origine,  comme en témoigne un mémoire datant de 1899 émanant d’un menuisier de Bruyères mentionnant les travaux d’adaptation de ce meuble et la modification des boiseries murales. 
	Le chœur et la nef : Quatre des cinq pans de l’abside sont marqués des croix de consécration. Le plafond est une haute voûte de bois datant des années 1950 qui a remplacé, comme en témoignent les vestiges des retombées des arcs, une voûte sur croisée d’ogives identique à celle du vaisseau principal. Ces ogives sont datables du XIIIè siècle. Elles prennent naissance sur des chapiteaux ouvragés dont la corbeille est couverte de crochets et de feuilles végétales. Les murs jadis, étaient recouverts de boiserie ainsi que l’est encore la nef. Cependant celles des deux premières travées du mur Sud ont été enlevées laissant apparaître les peintures d’origine représentant des lambris. Il n’est pas possible de déterminer avec précision l’époque à laquelle les boiseries furent installées. Cependant en 1839 la facture d‘un entrepreneur y apportant des modifications permet de supposer qu’elles furent en place au début du XIXè siècle, peut-être pour masquer les dégradations dues à la période révolutionnaire. Le chemin de croix évoquant les étapes du calvaire du Christ a dû aussi être ôté lors des réparations. Il avait été offert par un couple de bienfaiteurs de Bruyères en 1903 à l’occasion du cinquantenaire de leur union et les croix avaient été bénies solennellement en présence de l’Evêque de Versailles et de nombreux fidèles.
Zone de Texte: 	Lorsqu’on pénètre dans l’église après avoir franchi la porte à double vantaux, l’allée conduisant au chœur est garnie de chaque côté de bancs fermés, dont cependant les portes ont été ôtées. Cinq rangées de part et d’autre dans la troisième travée ont cependant été remplacées par des bancs modernes. A gauche, dans la deuxième travée et face au banc d’œuvre, la chaire en bois sculpté représente sur ses quatre pans des personnages dorés en relief figurant les Evangélistes. Un abat-voix décoré la surmonte. Elle aurait été offerte par les marguilliers comme en témoigne cette inscription sur le pourtour :
		«  En 1721, fait par les soins de M. Henry, Breton P, Marguilliers et Jacques Yvon. « 
	Dans le chœur, l’autel en bois de jadis a été remplacé après Vatican II, par une table en bois également.  Sous l’oculus, un Christ moderne occupe l’emplacement où se trouvait avant les transformations, un grand tableau représentant l’Assomption de la Vierge, lequel avait été offert par la Confrérie de Sainte Claire.
Zone de Texte: La nef et le chœur, jadis et aujourd’hui
Zone de Texte: La litre
Zone de Texte: L’autel de la Vierge
Zone de Texte: 	Enfin, faisant le tour de l’église sur tous les murs et au-dessus des piliers de la nef, à environ quatre mètres du sol, se trouve la litre funéraire, large bande de peinture noire, coupée de place en place par des armoiries et malheureusement parfois effacée. Recouverte pendant longtemps d’un badigeon à l’eau, elle fut découverte et mise à jour au moment de la restauration de l’église. « Cette bande ou ceinture funèbre était un droit appartenant au seigneur haut justicier. Elle peut être conduite tant en dedans qu’en dehors de l’église, quand même il se trouverait quelque bâtiment adossé contre le mur. Elle ne doit pas être plus large de deux pieds » (5). Ce droit aurait été attribué la première fois en 1524 à Loys de la Rochette, seigneur de Bruyères (6). A signaler également,  à droite en entrant de la porte d’entrée , un escalier en vis donnant accès à une mezzanine en bois surplombant cette même porte, et qui abrite  encore un très vieil harmonium hors d’usage.
	La chapelle Sud ou chapelle de la Vierge : Elle était dite autrefois chapelle Notre-Dame ou chapelle seigneuriale en raison des sépultures qu’elle abritait. Elle fut agrandie, comme en témoigne le testament de Marguerite de Bruyères, au début du XVIè siècle mais eut de nombreuses modifications par la suite. L’autel et son tabernacle en bois sculpté entourés d’un retable de même facture furent offerts par Alexandre Charlet en mémoire de sa mère ; le fronton du retable porte une inscription ainsi libellée :
					« Autel privilégié à perpétuité, 1865 »
	Le retable orné de chaque coté de deux statues en bois et sur le faîte d’un cœur transpercé, encadre un tableau représentant le mariage mystique de Sainte Catherine d’Alexandrie. Cette toile peinte au XVIè siècle par Fra Bartolomeo, peintre italien de l’ordre des Dominicains, dont l’original est exposé au Louvre, a malheureusement été repeinte et marouflée et  le fond couvert à la mode allemande. La composition en  a été ainsi dépréciée. Un cadre à coquilles du XVIIè siècle entoure le tableau.
	Le banc seigneurial est adossé au mur Sud. Sur le mur Ouest se trouvaient trois tableaux, l’un représentant le baptême du Christ (XIXè siècle), le deuxième le Christ et le troisième une Vierge à l’Enfant. Depuis le vol de ce dernier retrouvé miraculeusement et l’Eglise restant ouverte dans la journée, ces trois œuvres sont conservées à l’abri dans la sacristie.
les armoiries sont celles des derniers seigneurs ayant possédé la justice, à savoir les Le Mairat.
In : Guyot, Dictionnaire de Jurisprudence, 1784.