Zone de Texte: EGLISE SAINT DIDIER, suite
Zone de Texte: LES VITRAUX :
La beauté intérieure de l’église est mise en valeur grâce à la lumière dispensée par plusieurs fenêtres garnies de vitraux. Les plus anciens de l’église Saint Didier sont ceux qui occupent les remplages des fenêtres gothiques de la chapelle Nord et de la chapelle Sud. Quatre d’entre eux ont été mis à l’honneur lors de l’Exposition consacrée aux Arts sous Charles VI qui s’est tenue au Louvre au printemps 2004.
Le Bas-côté : Les deux fenêtres de style roman du mur Nord et celle du mur Ouest, sont ornées de simples vitres colorées.
La Nef : Les vitraux des deux fenêtres en ogive à deux lancettes sur le mur Sud pourraient dater des XVIIè ou XVIIIè siècle. Les dessins colorés sont surmonté d’un remplage en forme de quadrilobe. La feuille supérieure d’un des deux remplages est ornée sur un fond bleu ciel d’un cœur encerclé d’épine évoquant le cœur du Christ, des grappes de raisin décorant les trois feuilles l’entourant, tandis que sur l’autre remplage un cœur marial transpercé d’un glaive est encadré de lis blancs.
Le Chœur : Chacune des fenêtres en ogive sur les quatre pans latéraux est garnie d’un vitrail consacré à l’un des quatre apôtres évangélistes accompagné de son symbole. De gauche à droite :
Saint Matthieu dont le symbole est un homme doté d’ailes soulignant le caractère humain du Christ dont la généalogie ouvre l’évangile selon cet apôtre.
Saint Marc, dont le lion ailé est l’emblème, symbole de puissance et de dignité royales.
Saint Luc, dont le bœuf ailé sacrificatoire rappelle le sacrifice de Zacharie, évoqué au début de son évangile.
Saint Jean, portant dans sa main gauche le calice et dont l’aigle qui le symbolise or ne des milliers de lutrins d’église.
La signature des vitraux de gauche : « Félix Potet, peintre verrier, Paris » permet de les dater du XIXè siècle, ce peintre ayant exercé en Essonne au cours du dernier quart de ce siècle. On peut remarquer sur ceux de droite également une inscription apportant la certitude qu’ils furent offerts par la famille Geoffroy d’Assy, châtelains du domaine de Morionville.
Le pan central du mur est occupé par un oculus représentant le Christ bénissant de sa main droite levée, la gauche tenant un livre ouvert où est inscrit : 
            Ego sum Veritas Via Vita » (Je suis la vérité, le chemin, la vie).
La Chapelle Nord : Une verrière à trois lancettes colorées en orne le mur Nord. Le remplage au-dessus est en forme de pétales représentant des anges sur fond bleu surmontés d’un fragment montrant Dieu le Père. Le mur Est est orné d’une fenêtre dont les trois lancettes rappellent la crucifixion, Marie à droite du Christ, Marie-Madeleine à gauche et Saint Jean agenouillé au pied de la croix. Le remplage est garni de fragments où l’on peut voir sur fond bleu des anges et les objets de la passion.
La Chapelle Sud : Les plus beaux vitraux et surtout les plus précieux à nos yeux puisqu’ils figurent parmi les plus anciens recensés dans le département de l’Essonne, sont dans cette chapelle. Rappelons, pour l’histoire que ces vitraux sont en grande partie dus à Marguerite de Bruyères, l’une des deux gisants, lorsque pour réaliser son vœu de rassembler son fils et la femme de ce dernier sous une même dalle où elle même désirait être inhumée, elle fit exécuter les travaux d’agrandissements de cette chapelle qui était déjà réservée aux tombeaux seigneuriaux. Tout laisse à penser que les murs furent repoussés et de ce fait garnis de nouvelles fenêtres. Elle fit, en conséquence, appel à un architecte et un maître verrier pour orner de vitraux ces ouvertures. Or, il apparaît que ceux-ci rappellent les enluminures commandées par le maréchal de Boucicaut pour enjoliver un livre d’heures connu comme « les heures de Boucicaut ». Rien de surprenant lorsqu’on sait que le maréchal fut un des chefs de la croisade de Hongrie qui coûta la vie au mari de Marguerite et de son fils…¨Plus heureux, le maréchal revint de captivité et il peut sembler probable qu’il eût des contacts avec la parente de ses compagnons d’infortune. Malheureusement, des trois fenêtres qui illuminent la chapelle, il ne reste de l’époque que les fragments encastrés dans le remplage de chacune d’elles :
La fenêtre du mur Est : Toute la partie inférieure a été murée et la base du remplage est partiellement cachée par le retable de l’autel. C’est cependant dans cette partie que se trouvent les quatre vitraux qui furent exposés au Louvre. Ce remplage est en forme de rose dont le cœur représente Dieu le Père bénissant de la main droite et tenant une sphère surmontée d’une croix dans la main gauche.
Les pétales entourent cet oculus. Ils rappellent les quatre Evangélistes accompagnés de leur symbole respectif. En partant du haut et en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre : Jean, Marc, Luc (qu’on ne peut voir de l’intérieur) et Matthieu. Chacun est assis sur un siège de pierre, écrivant son évangile. Marc et Matthieu sont éclairés d’une bougie. Chaque symbole tient un phylactère, banderole aux extrémités enroulées où est inscrit le nom de l’Evangéliste.
Entre chaque Evangéliste, un pétale est intercalé représentant un prophète.
Dans les pierres qui forment l’écoinçon, les vitraux du haut montrent des anges dans les nuées et ceux du bas des anges thuriféraires. Dans les petits écoinçons accolés aux sommets des lancettes latérales, des séraphins sont reconnaissables à leurs trois paires d’ailes rouges.
Les deux fragments plus grands dont la pointe inférieure prend naissance entre les deux lancettes médianes et se faisant vis-à-vis sont consacrés à l’Annonciation. Sur celui de gauche la Vierge tient d’une main son manteau bleu à galon jaune d’argent. A sa droite, un bouquet de trois fleurs de lis, symbole marial, fait apparaître chaque fleur à un stade différent d’éclosion. A sa gauche, sur un pupitre est posé un livre ouvert. Sa main droite levée salue l’archange Gabriel sur le vitrail de droite. Celui-ci est revêtu d’un manteau vert. Il est remarquable par ses ailes en plumes de paon largement déployées en arrière. Son visage extrêmement fin est couronné d’un diadème surmonté d’une croix. Il est difficile de ne pas admirer ses cheveux dont les boucles sont d’une extrême finesse ainsi que les festons de son auréole. Le phylactère qu’il tient de la main gauche doit porter la phrase de la salutation « Ave Maria Gratia plena ». Le sol sur lequel il est agenouillé est composé comme celui du vitrail de la Vierge, de damiers noirs et blancs.
La fenêtre de la seconde travée :  La partie inférieure est composée de vitres colorées sur lesquelles se détache sur la lancette du milieu la Vierge tenant dans ses bras l’enfant Jésus. Dans le remplage, on retrouve Dieu levant le majeur et l’index de la main droite en signe de bénédiction. Des rayons dorés partent de la colombe du Saint Esprit représentée sur sa poitrine. De part et d’autre :on voit la Vierge allaitant son enfant, Jean-Baptiste tenant l’Agneau crucifère dans ses bras annonçant la venue du Rédempteur, des anges également, celui de droite levant les mains tendues vers le ciel et celui de gauche gardant les bras le long du corps. Ensuite viennent les quatre Pères de l’Eglise : de gauche à droite : Grégoire le Grand portant la triple croix pontificale et la tiare, Saint Jérôme vêtu de rouge, habit des cardinaux, Ambroise en évêque en manteau jaune d’argent, avec la mitre et la crosse, enfin Saint Augustin en évêque également mais avec un manteau rouge. Des deux diacres figurant sur le bas du remplage on peut seul identifier saint Fiacre à gauche, dont les attributs sont la bêche et le livre. Certains des vitraux des Pères de l’Eglise, comme celui de Saint Ambroise, lequel d’ailleurs porte les marques d’une restauration, et de Saint Fiacre semblent dater du XVè siècle. Par contre , les deux autres pourraient dater du XVIIè siècle. Quant aux autres fragments ils portent les marques de modifications dues au XIXè siècle.
La fenêtre de la première travée : Elle est consacrée à Sainte Catherine comme le démontre la lancette du milieu. Ces trois lancettes, composées de vitres colorées comme celles de la seconde travée, sont postérieures aux vitraux du remplage. Cela laisse à supposer qu’ils ont remplacé ceux probablement détruits lors de la Révolution. Dans la partie supérieure on ne peut vraiment authentifier comme étant du XVè siècle que les vitraux représentant Saint Antoine dans la fournaise, reconnaissable à sa canne, son chapelet et surtout au signe du tau inscrit sur l’épaule gauche de son manteau. Et de part et d’autre de ce saint : Sainte Catherine à nouveau, identifiable à l’épée qu’elle tient dans sa main droite, une sainte tenant la palme des martyrs pourrait être Sainte Barbe. Toutes deux sont couronnées, symbole de leur mort héroïque pour leur foi.
Zone de Texte: Vitrail de Saint Jean
Zone de Texte: Dieu le Père au centre
Zone de Texte: Un Prophète
Zone de Texte: La Vierge
Zone de Texte: L’ange Gabriel
Zone de Texte: La crucifixion
Zone de Texte: NOMENCLATURE DES PIECES INSCRITES A L’INVENTAIRE SUPPLEMENTAIRE
DES MONUMENTS HISTORIQUES

En 1977 certains objets mobiliers de l’église ont été recensés au Pré-Inventaire établi par les Monuments Historiques. Quelques uns ont été inscrits définitivement en 1987 à l’Inventaire Supplémentaire. Il s’agit de :

Déposés dans la Sacristie :
Une Vierge de procession, en bois peint couleur argent métallisé (XVIIIè siècle)
2 statuettes en biscuit, l’une est la Vierge Marie et l’autre Saint Joseph
7 bannières de procession (deuxième moitié du XIXè siècle) :
2 représentant une Sainte Abbesse,
2 figurant Saint Didier en Evêque
2 brodées en leur centre de l’Immaculée Conception
1 ornée du cœur de Marie
1 reliquaire en bois doré représentant le buste de Sainte Catherine et renfermant toujours les reliques de Sainte Claire, Sainte Chantal, Saint François et Saint Antoine.

Dans l’Eglise :
Les plaques funéraires :
Sur le mur Ouest du Bas-Côté, le fragment de pierre à l’intention d’un certain Thomas,*
Sur le même mur, une plaque en pierre blanche à l’intention de Claude René Le Long
Sur le mur Nord du Bas-Côté :
 Une plaque en marbre noir à la mémoire de Joachim Le Mairat
 Une plaque en pierre à l’intention de François Paul Brassin
 Une plaque à l’intention de Claude Carré
La Vasque des Fonts Baptismaux
Le tableau sur le mur Nord de la troisième travée du Bas-côté représentant Saint Didier en évêque
Le tableau surmontant l’autel de la chapelle Sud représentant le mariage mystique de Sainte Catherine

Les deux gisants dans le bas-côté.
Zone de Texte: LA LEGENDE DE SAINT DIDIER
Evêque de Langres
Zone de Texte: Pourquoi notre église est-elle placée sous le patronage de Saint Didier et qui était ce saint ? Pourquoi, le mystère n’est pas élucidé. Des deux saints évêques portant le prénom, nous avons cependant acquis la certitude qu'il s’agit bien de celui qui fut évêque de Langres au IVè siècle. Sa vénération est apparue quelques cent trente cinq ans après sa mort et on le fêta pendant un certain temps le 11 février, jusqu’à l’époque où il fut inscrit au 23 mai avec Saint Didier, évêque de Vienne.
Simple laboureur à l’origine, Saint Didier serait né près de Gênes. Or, il advint que la ville de Langres qui venait d’être christianisée, songea à donner un successeur au second évêque qui venait de mourir. Alors que les ecclésiastiques délibéraient quant au choix de ce prélat, une voix céleste se fit entendre et leur parla en ces termes : « Didier doit être votre saint pasteur. Didier doit être votre évêque ». Grand embarras parmi eux , car alors on ne connaissait aucun Didier dans la région. Après maints palabres, il fut décidé d’envoyer une délégation à Rome vers le Pape pour lui demander conseil. Mais le Saint Pontife resta perplexe et ne put qu’exhorter les trois délégués à prier et méditer…
Sur le chemin du retour, alors que les voyageurs approchaient de Gênes, ils virent un laboureur qui interpellait ses bœufs récalcitrants en leur criant d’une voix forte et courroucée : « Par la tête de Didier, vous marcherez ! » Les Langrois étonnés lui demandèrent qui était ce Didier. « Mais c’est moi , répondit ce dernier, ce nom m’a été donné car paraît-il, je suis rempli de ferveur et de désirs chrétiens ». Malgré les protestations du laboureur, les trois hommes l’emmenèrent et le nommèrent évêque de Langres.
De simple et ignorant il devint un véritable homme de Dieu, empli de science et de sainteté et fit édifier une église dédiée à Sainte Madeleine. C’est alors que des barbares envahirent le pays et mirent le siège devant Langres. Didier, du haut des remparts, tenta vainement de les exhorter à la modération, permettant ainsi aux habitants de se réfugier en dehors de la ville. La cité fut prise d’assaut. Le chef des envahisseurs fit trancher la tête du courageux évêque. Le sang ruisselant sur un livre de prières que tenait le saint homme ne parvint pas à en effacer les lettres. A l’instar de Saint Denis, il prit alors sa tête entre ses deux mains, traversa la ville et s’en vint mourir dans son église, laquelle plus tard, prit le nom de Saint Didier. A la vue de ce miracle, le bourreau pris de repentir et devenu fou alla se fracasser la tête contre une porte de la ville.
Ceci, bien entendu, est une légende mais il n’en reste pas moins vrai que Saint Didier est considéré par la Liturgie comme le bon pasteur qui, au péril de sa vie, affronte la barbarie sanguinaire pour tenter d’intercéder en faveur de ses fidèles.
Zone de Texte: L’église Saint Didier