Zone de Texte: Le « VIEUX BRUYERES »
Le vieux BruyèresZone de Texte: Le « Vieux Bruyères »
Zone de Texte: Le « Vieux Bruyères »
N’est plus un
Inconnu ...
Zone de Texte: Bonjour,
Je suis le « Vieux Bruyères » et j’ai retrouvé mon amie, cette oreille complaisante qui pendant plusieurs mois a recueilli  tous mes propos, mes réflexions, mes souvenirs aussi et les jetais pêle-mêle  sur le papier.
Quel âge j’ai ? Mais je n’ai pas d’âge, j’ai toujours vécu à Bruyères-le-Châtel, niché dans les vieilles pierres du vieux quartier au pied du château. De temps à autre je sors de ma retraite et j’observe…
Eh oui j’observe ; j’observe mon village et pas toujours d’un bon œil. Qu’il se soit agrandi, certes c’est normal, mais les transformations ne sont pas toujours de mon goût.
Aussi, je préfère vous prévenir, je continuerai à dire ce que je pense, quand bien même vous me trouveriez ronchon et démodé. Dorénavant, mon amie ne m’imposera plus la modération, je me sens libre même vis-à-vis d’elle. Pourtant je l’aime bien. Mais que de fois ne m’a-t-elle pas morigéné, m’imposant un silence qui me brûlait l’âme et finalement se pliait à ses raisons. Nous n’étions pas totalement libres, nous dépendions d’une association qui nous permettait de nous exprimer, mais point trop n’en faut, n’est-ce-pas ? Maintenant nous sommes elle et moi, c’est tout….
J’ai vu Bruyères naître, je ne me souviens pas de sa naissance. Mon plus vieux souvenir remonte en l’an 600 et quelques, lorsqu’une dame prénommée Clothilde fit ériger un monastère de femmes pour le rachat de ses péchés, dit-on… Hum, elle devait en avoir fait de bien belles… Enfin, cela ne me regarde pas…. Elle institua abbesse sa nièce Mummola. Cependant ce monastère ne devait revenir aux moniales que lorsque son époux Charidchardus et elle-même seraient décédés. L’histoire est vraie, vous pouvez allez vérifier aux Archives Nationales de Paris (cote K12, n°10) où l’original de la charte de cette donation est déposé. 
Que s’est-il passé ensuite ? A vrai dire, là, ma mémoire me fait défaut. Tout ce dont je me souviens c’est qu’à l’emplacement de cette abbaye, qui semble ne pas avoir perduré,  il y eut un château où se trouve d’ailleurs celui d’aujourd’hui. Et là commença la vraie histoire de « Bruyères-le-Châtel ». Mais je laisse la parole à mon amie, cela devient sérieux et ce n’est pas mon but…
Moi, je veux simplement raconter des anecdotes et surtout observer d’un œil critique … et avisé tout ce qui peut être fait dans ces temps modernes où l’on semble parfois dans « mon village », vouloir si peu respecter le passé ou l’utiliser à des fins qui ne me plaisent guère
Donc, à bientôt, comptez sur moi pour rester vigilant malgré mon grand âge et mes rhumatismes. Eh! les vieilles pierres, elles sont parfois humides!...
Ah, une dernière chose, chaque chronique sera numérotée. Aujourd’hui, je vous présente ci-dessous la chronique n°17.
Zone de Texte: PRESENTATION

Saint Didier

Evêque de Langres

(Tableau dans l’église de Bruyères-le-Châtel

Zone de Texte: Chronique n° 17
Zone de Texte: « Malgré le temps qui s'envole, Il en est pas moins vrai
Que les souvenirs d'école ne s'oublient jamais …. »
« Il faut que la société se mette à aider l’école plutôt que de lui demander de la réparer. » [Alexandre JardinI
« La patrie, c'est toutes les promenades qu'on peut faire à pied autour de son village.  »( Jules Renard)
« Si vous voulez être connu sans connaître, vivez dans un village ; si vous voulez connaître sans être connu,  vivez à la ville.»(Charles Caleb Colton)
Zone de Texte: Bonjour mes amis,
	Encore une fois je vais commencer ce petit mot en m’excusant et en vous disant « voilà bien longtemps que je ne suis venu bavarder avec vous » ou quelque chose d’approchant. Eh bien non, ce n’est pas cela que je vais vous dire, mais vous confirmer, comme vous avez pu le lire dans la lettre en page 2, que cette chronique sera peut-être la dernière. Pourquoi ? Le « Vieux Bruyères » va-t-il disparaître à jamais ? Personne ne viendra-t-il le ranimer ? Vais-je rester enfermé dans mes vieilles pierres et laisser tous mes souvenirs peu à peu s’évanouir ou encore assister impuissant, à certaines velléités de retracer le passé au cours d’une fête, en inventant de toutes pièces des histoires inconnues de moi ? Mon amie ne m’aime-t-elle plus, moi son Vieux Bruyères ? Il est vrai que mon village a tellement changé depuis l’année où elle le découvrit. Quarante-deux ans ! pour moi c’est court, mais pour elle, peut-être ne retrouve-t-elle plus ou plutôt ne s’y retrouve-t-elle plus ? Croyez moi, j’en suis bien marri. 
En fait, je la comprends, car vous savez, moi aussi  je me sens un peu déprimé lorsque je regarde autour de moi. J’ai pourtant connu bien des époques au cours des siècles que j’ai traversés, des époques de misère, de violence, de guerre, j’ai vu de la haine parfois autour de moi, mais il y eut aussi de grandes joies, des matinées radieuses, des journées remplies de soleil et de chants. En cette période, mes amis les Bruyèrois, je ne les reconnais plus. Je ne retrouve plus ce climat villageois. Chacun semble préoccupé par ses propres problèmes, les évènements de sa vie. Je ne sens plus cette ambiance villageoise que j’ai connue autrefois et tant aimée, en dépit de tous les petits ragots, petites querelles qui peuvent survenir dans un village et qui en font peut-être le charme. En un mot, je rejoins mon amie lorsqu’elle dit que Bruyères a perdu sa ruralité….. Tenez un exemple, la petite résidence où elle habite, (laquelle d’ailleurs lors de sa construction avait fait jaser les « vieux de chez nous »), tout son environnement direct est modifié. Je sais, je sais, cette route qui descend sur la gare était devenue non seulement très peu praticable par sa vétusté,  mais aussi très dangereuse par ces gens peu soucieux de la tranquillité des autres qui la descendaient en voiture à une allure telle que souvent les vitres des maisons tremblaient sur leur passage…. Mais je reconnais que ces travaux étaient plus que nécessaires et avaient d’ailleurs un peu trop tardé au bénéfice de certains autres axes qui étaient moins endommagés. Mais voilà, cela ressemble à n’importe quelle autre route moderne des autres villages. Et je ne parle pas du complexe sportif  qui tel un  bubon disgracieux domine les jardins des Bruyèrois du « Val de la Remarde »( Quel joli nom avait été choisi lors de son implantation ! un nom qui promettait un calme, une sérénité seulement troublée par quelques engins agricoles l’été, le meuglement des vaches  et le « hi han! » d’un âne qui avait élu domicile à proximité). Mon amie, personnellement,  ne se plaint pas trop de cette innovation, elle a la chance d’être bien enfermée au milieu des autres maisons et peut continuer à entretenir son jardin, arroser ses légumes et cueillir ses cerises sans être en butte à des regards indiscrets.
	Bon laissons ces résidents en bordure gérer cet inconvénient, après tout ils ne se sont pas révoltés et sont peut-être contents de ces transformations, ou bien les ont-ils accepté bercés par quelques fallacieuses promesses... Ce n’est peut-être que moi, bougon et ronchonneur comme d’habitude, qui trouve encore une fois de plus, matière à critique et rébellion…. Mais par contre, je me suis laissé dire qu’on envisageait de transférer l’ école dans ce nouvel espace qui s’étend au-delà de ce terrain sportif et atteint les limites du village ! Alors voyez-vous, là, je me révolte. L’école est la vie du village. C’est d’elle d’où partaient jadis, (je dis bien jadis parce que maintenant…..) le ronronnement des tables de multiplication ânonnées par des voix enfantines, les fables de La Fontaine aussi ou encore  quelques règles essentielles de grammaire récitées sur un ton chantant. Il est vrai que maintenant l’école, elle s’est modernisée, on n’apprend plus ces enseignements pourtant essentiels et qui ont contribué jadis à créer de grands cerveaux : romanciers, poètes, historiens, savants et plus encore…..Et même sans aller aussi loin, elle contribuait aussi à former des ouvriers, des menuisiers, des plombiers, forgerons et autres, qui bénéficiaient au moins d’une base d’instruction solide quand bien même ils ne pouvaient aller plus loin….. Un représentant de ces vieux métiers s’est éteint cette année à Bruyères et bien que je ne le connaissais que très peu, je n’ai pu m’empêcher d’éprouver de la nostalgie et  me rappeler le temps où on entendait résonner dans le village le bruit du soufflet de la forge. Depuis déjà pas mal de temps ce n’était plus qu’un souvenir, mais maintenant disparu à jamais. Temps passés, temps révolus, vous qui ne les avez pas connus, êtes-vous plus heureux aujourd’hui que jadis ? J’ai l’impression parfois que vous vivez à cent à l’heure, l’esprit tourné vers les vacances, fallacieux espoir d’une évasion ! Les enfants sont bien plus exigeants qu’auparavant, ils veulent les jouets les plus modernes, les vêtements à la mode, les loisirs. Sont-ils plus heureux qu’avant, lorsque les gamins trouvaient un plaisir manifeste en dévalant les rues sur une mauvaise planche montée sur quatre roulettes ? Les vacances, doivent-elles être passées obligatoirement dans un lieu renommé avec des tas de distractions programmées par des gens plus soucieux de gagner de l’argent que de satisfaire leur jeune clientèle ? Mon amie m’a souvent raconté les vacances de son enfance, à la campagne, à la ferme, jouant avec les enfants des fermiers et les aidant en  fin d’après midi aux tâches que leurs parents leur avaient fixées : donner à manger aux lapins, dénicher les œufs, voire traire les vaches…… Pour elle ce sont des souvenirs inoubliables… Bon voilà que mes souvenirs ne suffisent plus je vous révèle ceux de mon amie. C’est peut-être pour cette raison que je suis triste à l’idée de ne plus venir vous conter toutes ces choses, et je me demande si « mon amie » tiendra cette résolution. Peut-être arriverai-je à la convaincre de venir bavarder avec moi de temps en temps et de vous raconter nos bavardages.
	Allons, je ne vous dis pas adieu, mais au revoir seulement. Je suis persuadé que si une seule de ces rubriques subsiste ce seront mes bavardages et « rouspétances » qui l’alimentera. A Bientôt donc mes amis, prenez patience.
Votre ami « le Vieux Bruyères » (Décembre 2014)