Zone de Texte: Voir aussi :
Partie 1
Zone de Texte: SI BRUYERES-le-CHATEL ÉTAIT CONTE
Zone de Texte: DEUXIEME MOITIE DE LA SEIGNEURIE :
Partie 1 : 
Jacques de BOUHAN DE LA ROCHETTE
Zone de Texte: 	Comme nous vous l’avons laissé entendre, l’histoire de la première moitié de la seigneurie de Bruyères-le-Châtel n’est pas terminée. Nous avons du l’arrêter au décès de Jehanne de La Rochette, mais comme la suite va se confondre avec l’histoire de la deuxième moitié, il est temps maintenant de voir comment celle-ci a évolué après le  partage en 1512 entre les deux frères, Loys et Jacques de La Rochette.   Ce partage avait eu lieu après le décès de Loys II de La Rochette. On s’en souvient il avait laissé trois enfants, Loys II, Jacques  et Charlotte. Cette dernière avait reçu en dot sa part d’héritage dans laquelle était compris le domaine de Dollainville. Elle va alors laisser ce dernier à son frère qui s’attribuera alors le titre de seigneur de Dollainville et de Bruyères en partie. 
	Rappelons que Jacques de La Rochette aura successivement trois épouses. De son union avec la première, Renée de Villetain, naquit un seul enfant Jehan. Sa deuxième union avec Jehanne de Pardieu  semble avoir duré peu de temps et ne donna aucune descendance. Enfin il épousera Jacqueline de Vuicardel qui lui donnera quatre enfants : Jacques II, Charles qui sera religieux à l’abbaye de Fécamp, Catherine et Magdeleine. Nous avons vu également qu’en fait une douzaine d’année après le partage avec son frère Loys III, celui-ci décéda et Jacques prit en tutelle la fille unique de son frère.
	Après le partage de 1512, on relève peu de choses concernant l’administration de la deuxième partie de la seigneurie échue à Jacques. Il conserva et administra la demie seigneurie qui lui fut impartie et ne sembla pas désirer l’étendre outre mesure. Quelques fiefs de peu d’importance semblent avoir été ajoutés, principalement concernant deux moulins, l’un à Trévoix, l’autre à Aulnoye. Par contre, en bien propre il acheta deux maison et terrains qui jouxtaient sa propriété. Par ailleurs il reçut en 1512 l’office de capitaine du chastel de Montlhéry , fonction qu’il occupera jusqu’en 1525 et il sera, paraît-il, le dernier capitaine de cette prévôté…
	C’est en 1552 qu’est située la date du décès de Jacques de la Rochette. C’est aussi la date d’un deuxième partage qui va s’avérer assez difficile  étant donné que le premier héritier, Jehan, est le seul enfant du second mariage de Jacques, les quatre autre enfants étant de sa troisième union. En résumé cinq enfant devaient se partager les biens propres et la deuxième partie de la seigneurie de Bruyères dont Dollainville n’était en réalité qu’un fief en dépendant. Les formalités concernant la succession vont durer deux années. Jehan de la Rochette va se trouver confronté à une certaine Adrienne Lecomte, qui va s’opposer aux dispositions prises concernant la succession en qualité de grand-mère des trois enfants mineurs nés de l’union de sa fille Jacqueline de Vuicardel et du défunt. Viendra aussi s’ajouter un autre contestataire en la personne de Jehan Pouliart, seigneur de la Cane représentant son épouse la fille aînée de Jacques de la Rochette, demoiselle Catherine. Le rôle de la grand-mère des enfants ne semble pas très clair et fait troublant, elle avait conservé de par devers elle, bien avant le décès de son gendre,  tous les titres et documents concernant les possessions de la seigneurie sur de nombreuses années…  Quoi qu’il en soit il fallut faire en 1553 un rapport d’expertise et tout fut estimé, même les biens propres à la seigneurie qui de droit revenaient à l’aîné Jehan. Ce fut d’ailleurs la première fois que fut mentionné le château de Dollainville et son colombier. L’évaluation de tout ce qui se rattachait à la seigneurie fut aussi connu : les diverses dîmes, les droits (justice, greffe, tabellionnage, etc…) Cette dame Lecomte, assez pugnace semble-t-il dans la défense des intérêts de ses petits-enfants, exigea malgré cette évaluation semblant tout à fait juste, toujours plus de preuves, documents nécessitant des formalités non seulement coûteuses mais aussi fort longues. Enfin  après bien des tribulations le partage eut lieu, on ne peut certifier s’il fut à la satisfaction de tous…..

Zone de Texte: Cependant un autre problème fut soulevé par Adrienne Lecomte. Il s’agissait d’une terre, d’un bois et d’une maison ainsi que le pressoir et le jardin alentour du château de Dollainville, dont Jehan en qualité d’aîné de la fratrie était l’héritier. Ces possessions  bien qu’elles soient closes de murs, faisaient partie à l’origine du pourpris, c'est-à-dire l’ensemble des biens et dépendances du château de Dollainville. Jehan rappelait que château et domaine de Dollainville n’entraient pas dans le partage puisque lui appartenant en propre, moitié au moyen de la donation   que fit jadis un certain Guillaume du Moulin, écuyer, seigneur de Brys à sa mère Renée de Villetain et moitié par préciput, c'est-à-dire par droit de prélever avant tout partage certains biens de la masse à partager. Cependant la moitié de ce bien ayant été apportée par son père lors de son mariage avec Jacqueline de Vuicardel, le fils âiné de cette troisième union devait en hériter de la moitié.
De ce fait on peut donc ainsi répartir le partage de la deuxième moitié de la seigneurie de Bruyères :  Jehan l’aîné héritant de la totalité du château et domaine formant un quart de la totalité de l’héritage plus la moitié de la donation de Guillaume du Moulin, forme les 3/8ème de la totalité tandis que son demi frère Jacques héritant d’1/8ème de la totalité plus l/8ème de la donation du seigneur de Brys en reçoit les 2/8ème. Chacun des trois autres héritiers reçoit  un huitième de la totalité (voir graphique ci-contre)
Ainsi la seigneurie de Bruyères dans sa totalité peut être représentée suivant le deuxième graphique ci-contre.
Zone de Texte: 	Ce deuxième partage aura des conséquence néfastes quant à la suite de la seigneurie. Chacun des héritiers agira à sa guise et suivant les besoins du moment, influencé aussi par les différents mariages qui les uniront à une autre famille. Chacun gérera son héritage sans souci de disperser les territoires dont il avait reçu la responsabilité, allant au plus offrant suivant les besoins du moment. Il faudra attendre plusieurs années et bien des tribulations parfois difficiles à débrouiller avec l’aide des seules archives possédées, plus ou moins explicites. En fait cette attente se terminera par  celui qui se montrera si pugnace et cependant patient dans son acquisition, je veux parler de Nicolas d’Aubray et après lui son frère, qui réuniront avec opiniâtreté les terres et fiefs dispersés. Nous allons essayer maintenant de suivre les évènements qui aboutiront à cette réunification, je dis bien essayer car parfois les situations sont bien embrouillées. Toutefois il sera difficile d’entrer dans le détail car  l’histoire en est fort longue, tortueuse et risquerait de dépasser la place impartie pour ce site.
Zone de Texte: LES TRIBULATIONS D’UNE SUCCESSION
Zone de Texte: 	En 1555 Jehan de la Rochette rendit Foi et Hommage en son nom et au nom des cohéritiers pour la moitié de la seigneurie de Bruyères, y compris la terre de Dollainville.
	Le premier à vendre son héritage fut Jacques II l’aîné des enfants du troisième mariage de Jacques I. C’est à cette occasion que nous voyons reparaître Adrienne Leconte, sa grand-mère qui se distingua lors du décès de son père et du partage qui s’ensuivit. Cela semble étrange vu que Jacques en 1558 lorsqu’il vendit sa part était majeur et que l’opération s’effectua en accord avec son épouse Jehanne Dallonguy. Cette vente représentait les 2/8ème de la moitié de la seigneurie de Bruyères plus la moitié du 1/8ème représentant la moitié de la part de son  frère Charles, alors religieux  à l’abbaye de Fécamp. Ces biens furent concédés à  Nicolas d’Aubray alors que se disant propriétaire de la première moitié de la seigneurie il était en plein procès et contestation avec Jehanne d’Allonville.
	Le second à vendre son héritage fut Jehan, l’aîné de la fratrie qui en avait hérité la plus grande partie. Ce fut lors de cette opération en 1564 qu’eut lieu un désaccord entre les deux demi frères, Jehan et Jacques au sujet d’une certaine somme qui aurait dû entrer dans le partage en 1552. Cela donna encore lieu à d’innombrables tergiversations, lesquelles heureusement prirent fin assez rapidement et Jehan en accord avec son épouse Jehanne Dumesnil, put  vendre son bien, à savoir la terre et seigneurie de Dolainville formant les trois parts lui appartenant sur les quatre parts restantes le tout faisant la moitié de la baronnie, châtellenie et seigneurie de Bruyères-le-Châtel, au seigneur Jehan de Baillon, écuyer, seigneur de Janvry, Leudeville, demeurant à Paris..
	Quant aux deux filles, l’une Catherine mariée à Georges Pouliart, l’autre Magdeleine qui avait épousé Alexandre Morant, il semblerait que leur part avait été  absorbée par les deux frères, moyennant quelques possessions et rentes. Ce fut le cas également de Charles entré en religion.
	En conséquence, à partir de 1564 la seconde partie de la seigneurie n’appartenait plus à la famille de la Rochette. Quant à la première partie subsistait toujours ce litige avec Nicolas d’Aubray; prétendant avoir acheté  légalement ce bien  tandis que s’opposait à cette décision prise à l’époque par son mari, Jehanne d’Allonville née Jehanne de la Rochette….
	

LES NOUVEAUX SEIGNEURS DE LA DEUXIEME PARTIE DE LA SEIGNEURIE
En fait lorsque Jehan de Baillon devint seigneur de Dollainville et de la moitié de la seigneurie de Bruyères, l’époque était assez troublée. Catherine de Médicis après la mort de son  époux Henri II exerça le pouvoir lors d’une époque en proie à des guerres intérieures dues à la religion…. Cependant d’après les archives de Bruyères, il semblerait que les deux seigneurs dont Jehan de Baillon vécurent ces troubles sans en être vraiment affecté, quant à Nicolas d’Aubray qui se disait le seigneur de la première partie, titre contesté par Jehanne d’Allonville, il semblerait que tous ces troubles n’eurent pas de répercussions sur ce différend qui les opposait l’un à l’autre…. Cependant en 1568 il s’avère que Jehan de Baillon étant décédé, sa veuve Marie de Hacqueville réclama, selon ses droits, un partage équitable des biens de son mari entre ses enfants et elle. Seulement existait un certain Guillaume de Baillon, fils d’un premier mariage de Jean de Baillon et de Valentine Leclerc, et ce fils revendiquait son titre d’aîné assorti de son héritage de la moitié de toutes les seigneuries. Evidemment l’affaire passa en justice et il en  résulta que Guillaume de Baillon héritait de la terre et seigneurie de Dollainville en plus des trois parties de la moitié de la seigneurie de Bruyères que Jehan de la Rochette avait cédé à  Jehan de Baillon. En fait Guillaume ne garda pas très longtemps son héritage puisque nous voyons dès 1568 Pierre de Ficte devenir le seigneur de Dollainville et de la deuxième partie de la seigneurie de Bruyères. Qui était Pierre de Ficte seigneur de Soucy, établi dans cette dernière seigneurie depuis 1561. Conseiller du Roi et Trésorier de son Epargne, il se disait seigneur des 3/4 de la moitié de la seigneurie de Bruyères. Toutefois dans l’aveu rendu par Pierre de Ficte est mentionné certains fiefs en indivis avec le seigneur de l’autre moitié de Bruyères… Dès lors Pierre de Ficte en plus de sa seigneurie de Soucy, géra celle de Dollainville et la partie de celle de Bruyères qui lui fut impartie par son achat à Guillaume de Baillon, lui-même la tenant de Jehan de la Rochette. Nous n’avons que peu de renseignements sur Pierre de Ficte, il semblerait qu’en 1588 il était décédé et que sa veuve, Loyse de Hacqueville (sœur ou cousine de Marie de Hacqueville ?) revendiquait ses droits à la succession.
EPILOGUE DE LA PREMIERE PARTIE DE LA SEIGNEURIE
	Après le décès de Jehanne de la Rochette, son époux Jehan d’Allonville représentant également ses deux gendres et Nicolas d’Aubray comparurent devant les mêmes notaires qui avaient établi le contrat de vente en 1557 que Jehan d’Allonville acceptait que celui-ci entre en son plein effet, selon sa forme et teneur et que Nicolas d’Aubray jouisse pleinement et paisiblement de toute la seigneurie, sans rien en excepter ni retenir. Par contre le mode de paiement fut modifié et le sieur d’Aubray acceptait de payer  une partie comptant et le reste concerti en une rente payable chaque année en deux termes égaux. Ce serait être naïf de croire qu’aucune contestation ne survint en dépit de ces accords qui semblaient bons et agréables aux deux parties, mais finalement les deux antagonistes dirais-je, tombèrent d’accord et tout sembla avoir été vu, examiné et réglé… Mais nous découvrons dans les archives que dès 1569 une sentence du Châtelet enjoignait Nicolas d’Aubray  à tenir sa promesse…. En fait il s’était engagé à faire verser par trois personnages, messieurs Hennequin, Coignet et Jehan de la Rochette lui-même  alors seigneur des Molières des rentes versées à lui jusqu’à ce jour. Seulement il apparaît qu’en fait il continuait à recevoir ces sommes en oubliant de les reverser à la famille d’Allonville.
Zone de Texte: En dépit de toutes les tribulations qui marquèrent la seigneurie à cette époque, on ne peut passer sous silence le château de Dollainville. Qui le fit construire parmi les seigneurs de la Rochette qui se succédèrent ? Lorsque Jehan de Voisin vendit la seigneurie à Loys de la Rochette il n’était question que d’un « hostel ». Il est possible qu’il fut construit à cet emplacement par Jacques, mais enfin il n’existe pas de documents, à notre connaissance, mentionnant cette édification. Par contre, un document mentionne clairement que château et parc l’entourant était propriété du roi Henri III. Le document d’archives en notre possession dénombre « les emprises faites par le Roi pour son parc de Dollainville » et indique « les récompenses » à octroyer aux personnes ayant consenti à ces prélèvements. Ce document est daté de 1577, et le seigneur de Dollainville à cette époque était déjà Pierre de Ficte. Pour corroborer ce qui précède, une brochure éditée par la municipalité d’Ollainville signale qu’Henri III en avait fait l’acquisition pour l’offrir à son épouse et George Bordonove, auteur de « Ces Rois qui ont fait la France » mentionne que ce Roi y venait souvent pour chasser….
Zone de Texte: C’est donc en 1577 que Nicolas d’Aubray entra en jouissance de la première moitié de la seigneurie de Bruyères. Peut-être avait-il trop attendu ce moment, car on ne relève aucun acte d’achat, d’échange de fiefs destiné à agrandir cette partie de la seigneurie. Il semble même n’avoir exercé ses droits qu’avec peu de retentissement puisqu’aucune trace de quelques transactions, ou de litiges ne figure dans les archives en notre possession  Ce combat acharné pour acquérir la seigneurie contre le gré de Jehanne d’Allonville l’avait-il épuisé moralement, lui ôtant toute envie de faire fructifier ce bien tant convoité ? Par contre, comme dit plus haut, il présentait toujours peu d’empressement pour régler ses dettes….  En fait il jouira peu de son titre de seigneur de Bruyères en partie puisqu’il décéda en 1585, célibataire et sans descendance. Ce fut son frère Claude d’Aubray qui hérita de ses biens. Ce dernier  joua un rôle politique important dans le royaume. Notaire et secrétaire du Roi (Charles IX) il vécut pendant cette époque troublée par les luttes entre catholiques et protestants, et  tristement célèbre par le massacre de la Saint Barthélémy. En 1878 après avoir prêté serment au roi (Henri III) et obtint la charge de prévôt des marchands. Charge qu’il garda peu de temps, cependant à partir de 1589 on le voit apparaître dans les évènements qui marquèrent le pays et notamment à Paris, après l’assassinat d’Henri III. Il est dit alors qu’il se trouvait à la tête de ceux qu’on appelait les « Politiques », parti regroupant tous les modérés. Cependant dès qu’il fut en possession de la première partie de la seigneurie de Bruyères, il s’employa à régler plusieurs litiges et établit plusieurs contrats avec Pierre de Ficte alors seigneur de la deuxième partie. L’entente ne semblait pas cordiale entre les deux seigneurs et les différends  bien souvent étaient réglés par décision judiciaire. Enfin en 1608 une sentence arbitrale termine un procès entre Claude d’Aubray et Charles de Ficte, héritier de Pierre de Ficte après le décès de sa mère Louise de Hacqueville. Cette sentence porte séparation des deux seigneuries de Bruyères en fixant les limites respectives et à partir de cette décision, Charles de Ficte , seigneur de Soucy, renonce à porter le titre de seigneur de Bruyères en partie. 
	Claude d’Aubray mourut en 1609 à l’âge de 83 ans. Ce fut sa fille, Marie d’Aubray épouse de Louis Guillaume Le Cirier qui hérita de la seigneurie.  Ce fut surtout elle qui s’employa à réunifier cette seigneurie de Bruyères durant la longue période pendant laquelle elle la conserva. Durant cet te période, on relève plusieurs acquisitions de biens, d’échanges. Cependant il est très difficile de savoir à quelle date exacte ces diverses transactions atteignirent le but qu’elle semblait s’être fixé. Quoiqu‘il en soit lorsqu’elle vendit la seigneurie le 22 août 1641 à Jean-Louis de Lespinette Lemairat, il semble vraiment que les limites anciennes soient presque rétablies, sinon tout à fait. Quant à la portion de Dollainville, il semblerait qu’elle ne fut pas encore intégrée dans ces limites. Ce sera à la famille Lemairat qui va conserver la seigneurie pendant près de 150 années et qui obtiendra qu’elle soit transformée en marquisat, qui lui redonnera son aspect de jadis… Mais peut-être que le prochain épisode de cette longue histoire de la seigneurie de  Bruyères sous l’Ancien Régime apportera encore quelques révélations sur ce lointain passé qui ne peut nous laisser insensibles.