Zone de Texte: LE CHÂTEAU DE BRUYERES-le-CHÂTEL
AUX 19ème et 20ème SIECLES
Zone de Texte: 	Vouloir retracer deux siècles de l’histoire du château, de prime abord cela semble assez difficile, car à part quelques  propriétaires qui ont marqué leur passage, pour d’autres les renseignements sont bien minces. Aussi nous bornerons-nous, pour certains, qu’à un bref résumé tiré de la notice jadis rédigée par la famille Lenoir, elle-même propriétaire au début du 20ème siècle. Les archives entreposées au château ne révèlent que des documents concernant la seigneurie avant la Révolution, et encore ne donnent-elles pas tellement de renseignements sur le dernier seigneur de Bruyères, le marquis Charles-Eugène de la Croix de Castries, maréchal de France, qui émigra en 1791. Nous commencerons donc l’histoire avec le duc de Brancas-Cereste, qui se trouva possesseur en l’an IV de la terre de Bruyères et non  de la seigneurie dont il n’était déjà plus question.
Louis-Paul, duc de BRANCAS-CERESTE :
	Nous savons qu’il acheta la terre de Bruyères par un acte daté du 31 décembre 1791 pour la somme de 750.000 francs. On a pensé qu’il avait émigré, vu le peu de temps où il est resté propriétaire. Cependant il est mentionné comme ayant été hôte d’une pension pour personnes malades. Cet établissement tenu rue du Chemin Vert à Paris par Marie-Catherine Mahay, accueillit pour cause de maladie réelle ou feinte, plusieurs personnes tentant de se soustraire au tribunal révolutionnaire. Un certain Brancas-Céreste y succomba à la suite d’une maladie réelle, semble-t-il. Était-ce le duc ? Quoi qu’il en soit il est noté comme étant le propriétaire jusqu’en l’an IV (1796) où la terre fut vendue par adjudication publique.
Antoine CIMEUIL de SIMEVILLE :
	Ce fut le 14 fructidor an IV (31 août 1796) qu’il se rendit acquéreur de la terre de Bruyères. Il avait été Trésorier de France, fonction datant du Moyen Age et  propre à l’Ancien régime, qui fut supprimée à la Révolution. A cette époque, par manque d’entretien durant les dernières années, les bâtiments, dont le château, étaient assez délabrés et demandaient des réparations certainement très coûteuses. Le nouveau propriétaire fit alors abattre une grande quantité des arbres du parc et principalement ceux d’essences précieuses, assez nombreux sur l’étendue du domaine. Était-ce par désir de faire une opération fructueuse ou peut-être avec le dessein d’effectuer les réparations nécessaires ? Quoi qu’il en soit ces réparations ne furent pas faites, bien au contraire, plusieurs parties du château furent démolies et rien ne fut restauré. Une certaine confusion s’observe quant à l’époque où le domaine fut vendu. Certains actes se rapportant aux ventes successives mentionnent l’année 1806, mais d’autres révèlent que madame Marie Marguerite Paley, veuve d’ Antoine Cimeuil de Simeville le 27 septembre 1810 reçut en outre 300 francs de rentes foncières sur les terres de Bruyères. On peut en déduire que le domaine fut morcelé avant d’être acquis définitivement par le propriétaire suivant.
Jean-Michel-Maximilien VILLERS :
	Ce nouveau propriétaire de la terre de Bruyères était architecte. On peut penser que l’achat se fit en deux fois, puisque dans plusieurs actes on le voit acquéreur en 1806, mais définitivement en 1810. Il demeurait à Paris, rue des Saints-Pères avec son épouse Marie-Denise Lemoine. Cette dernière était issue d’une famille d’artistes peintres. Elle-même suivit des cours de peinture avec le baron Gérard et David. Trois de ses tableaux furent exposés au Salon de Paris de 1799, dont un intitulé « Portrait d’une femme peintre » paraît, d’après les critiques, être son autoportrait. Ce fut monsieur Villers qui fit construire le mur de soutènement avec contreforts du côté ouest de la terrasse. Il utilisa pour ce faire les matériaux provenant des démolitions que son prédécesseur avait faites. Et surtout il replanta dans le parc plusieurs arbres qui, du reste, existent encore de nos jours.
Le baron  Bertrand Jean-Baptiste, Théodore CHARLET :
	Il est beaucoup plus connu sous le nom de Théodore Charlet. Les époux Charlet achetèrent le domaine à monsieur et madame Villers le 23 mai 1820 pour le prix principal de cent vingt mille francs. Du baron Charlet, il a déjà été parlé dans les rubriques précédentes (voir  dans ce site  :   La descendance de Catherine Charlet, et  le monogramme AM). Après la mort du baron et de son épouse ce furent les héritiers qui vendirent le château en 1864 à Eugène Le Faucheux.
Zone de Texte: Eugène,  Gabriel LEFAUCHEUX :
	Le 11 novembre 1864, les héritiers Charlet, ses enfants et petits-enfants vendirent le domaine à Eugène, Gabriel  Lefaucheux, arquebusier. La vente était constituée ainsi :
Un ancien château dit « le château de Bruyère-le-Châtel », bâtiments, cours et jardins en dépendant,
Un corps de ferme, les bâtiments servant à son exploitation, les jardins, maison de jardinier, parc, pièce d’eau, avenues, terres labourables, prés, pâtures et autres dépendances. Le tout clôt de murs de toutes parts, d’une superficie de 96 hectares 90 ares 30 centiares.
	A cette époque, Eugène Lefaucheux était dit « fabricant d’armes » et demeurait à Paris. Né en 1832, Il était le  fils de Casimir Lefaucheux propriétaire d’un petit magasin d’armes à Paris, lequel inventa un fusil à broche qui porta son nom.  A la mort de son père, Eugène alors âgé d’à peine 18 ans, continua avec le concours de sa mère le commerce créé par Casimir. Et très vite, doué du même caractère inventif que son père, il conçut un premier révolver à barillet. Peu fortuné à l’époque, il dut emprunter la somme nécessaire pour en déposer le brevet. Cependant cette première invention fut le point de départ de sa carrière. Le petit commerce se transforma très vite en atelier de fabrication afin d’honorer les demandes qui lui parvinrent de toute l’Europe. Le nom de Lefaucheux devint alors célèbre : « qui disait révolver, pensait Lefaucheux ».
	En 1861 il épousa Marie Bigot, jeune fille romantique douée pour le piano et la peinture. Trois enfants furent issus de cette union, Marguerite, André et Eugène le dernier né mentionné sur les registres paroissiaux de  Bruyères-le-Châtel, qui décéda à l’âge de sept ans. Le château, dès son achat, ne constitua pas le lieu de résidence du couple qui continua à demeurer à Paris, où était implantée une partie des ateliers de fabrication, une autre partie se trouvant alors en Belgique, ce qui avait attiré à l’égard de l’arquebusier, certaines critiques de la part de ses concurrents, peut-être jaloux de son succès. Peut-être aussi cette animosité provenait de son caractère arrogant… Quoi qu’il en  soit, ce ne fut qu’après la guerre de 1870 qu’il s’installa définitivement à Bruyères et participa à la vie de la commune. Dès 1871, il avait proposé sa candidature en tant que conseiller municipal, mais en fait ce ne fut que plus tard qu’il fut admis au sein du conseil. Là encore il ne fut pas très aimé. Son insistance à réclamer les dommages de guerre après l’occupation prussienne de son château durant la guerre de 1870, quelques querelles de voisinage, notamment avec le boulanger dont il voulait faire démolir l’échoppe et la maison qui, parait-il, lui  cachaient le panorama en direction  d’Arpajon. Finalement, faute d’obtenir satisfaction et sans doute pour ruiner le commerce de ce commerçant récalcitrant, il fit construire une autre boulangerie dans le village, celle d’aujourd’hui d’ailleurs…. Ce qui n’améliora pas non plus sa popularité, fut l’achat de l’usine de Trémerolles. Là il installa un  nouvel atelier de fabrication d’armes. Non seulement cette spécialité ne fut pas très bien vue dans le village mais on lui reprocha d’y employer de jeunes enfants dès l’âge de huit ans pour un salaire dérisoire, et pour comble, afin d’éduquer ces jeunes ouvriers dans le métier, d’engager des armuriers belges….
	Cependant sa vie familiale paraît avoir été heureuse et harmonieuse, comme en témoignent les cahiers de son fils*. Après la cessation de ses activités, lorsque ses brevets tombèrent dans le domaine public, Eugène et son fils se consacrèrent au domaine, élevant chevaux, bœufs, moutons  qu’ils mettaient en vente dans les foires des environs. L’armurier ne cessa d’apporter des modifications au domaine, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du château. Il fit exécuter d’importants travaux de drainage, modifié la façade arrière du château, remplaçant les fenêtres par des portes fenêtres ouvrant sur un perron surmonté d’une pergola. C’est à lui aussi qu’on doit l’entrée du domaine qu’il fit modifier comme on peut le constater sur la photo ci-contre représentant cette même entrée à son arrivée. L’inventaire du château établi à son  décès, mentionne :
Au rez-de-chaussée : cuisine, salle-de-bains, bureau, antichambre, office, salle à manger, deux petits salons et un  grand, une bibliothèque et la chapelle.
Au 1er étage : antichambre, lingerie, 8 chambres, cabinet de toilette
Au 2ème étage : 7 chambres, 2 cabinets de toilette.
	Peut-être parce qu’il se sentait malade, le châtelain rédigea un descriptif de son domaine dans lequel il mentionna les aménagements qu’il avait fait faire dans une des deux tours encadrant la poterne ainsi qu’une description du parc, notant « qu’il y a une grande quantité d’arbres très remarquables par leurs essences et leurs dimensions : douze kilomètres de belles allées carrossables dans lesquelles on peut se promener sans ennui par tous les temps. La chasse est très abondante en lapins ; les chevreuils et les faisans s’y plaisent beaucoup. Un dolmen placé sur la butte Saint Louis attire les regards des visiteurs ».
	Eugène Lefaucheux décéda le 24 mars 1892 à Cannes où il s’était retiré sans doute pour cause de maladie. Le domaine fut vendu le 14 avril 1892, très rapidement après son décès, ce qui peut laisser supposer que lui-même avait auparavant régler les détails de la transaction. Son fils André, qui semblait très affecté de quitter les lieux, mentionne dans son journal, le 6 avril de la même année :
«  Vente du château et du parc de Bruyères-le-Châtel où je suis né et ai été élevé, à monsieur Louis de La Faulotte… sans mobilier, ni cheptel, ni bœufs, ni… en résumé rien que le parc (97 hectares) entouré de murs et les murs des habitations appartiennent à l’acheteur. Bruyères est livrable le 15 mai 1892. ».

* Cf.: Ch Balufin,  in :« Eugène, Gabriel Lefaucheux : arquebusier, inventeur et châtelain de Bruyères-le-Châtel » édité par l’Association historique du « Vieux Bruyères », septembre 2000, 38 pages. (disponible sur demande)

Eugène, Gabriel Lefaucheux

Révolvers à broche de luxe

Type Lefaucheux, 1858

De droite à gauche :

Eugène, Lefaucheux, Marie sa femme et son fils André

L’entrée du domaine

En haut : avant modifications

En bas : après , et telle qu’à ce jour

Zone de Texte: Louis ETIGNARD de LA FAULOTTE : 
	En 1892, Louis de La Faulotte devint le nouveau propriétaire du domaine. Il serait né en 1847 et aurait épousé en premières noces Catherine de Saint Phalle et en 1875, Delphine, Jeanne Martin du Nord. Un fils serait né de cette union. D’autre part, dans les rares documents consultés il serait marquis. Nous ne possédons que peu de renseignements sur lui, seulement quelques suppositions. Effectivement les archives du château ont probablement été une première fois dépouillées par lui, comme peuvent en témoigner les annotations portées sur certaines chemises renfermant les documents. Nous retrouvons la même écriture sur des cours manuscrits  et signés de sa main, concernant le concours d’entrée au Conseil d’Etat où il fut admis. De surcroît, d’après certaines informations qui nous furent transmises par les héritiers d’Eugène Lefaucheux, il faisait partie du petit cénacle entourant leur famille. Cependant il demeurait à Paris, 18 rue d’Aguesseau. Il mourut en 1904 et ses héritiers vendirent château et parc en 1905.

La façade arrière en 1888

Zone de Texte: Monsieur et Madame LENOIR :
	Durant les sept années où ils furent propriétaires du château de Bruyères, monsieur et madame Lenoir s’employèrent à dresser une notice sur les différents propriétaires et origines du domaine au cours des siècles, sans aucun doute en utilisant les archives une première fois dépouillées par leur prédécesseur. Ils restaurèrent la chapelle également et firent construire un péristyle à colonnes devant le corps de logis. Ils cédèrent en 1912 le domaine à monsieur et madame DUPONT, lesquels le conservèrent jusqu’en 1924. Nous n’avons pas d’autres renseignements sur ces derniers.

La chapelle :

 l’entrée par l’intérieur du château

 La cheminée

Zone de Texte: Monsieur et Madame WALLUT
	Monsieur et madame Wallut achetèrent le domaine apparemment au couple Dupont en 1924. Monsieur Wallut était directeur et agent général en France des établissements McCormick, fabricants de tracteurs et matériels agricoles. C’est ainsi que  les champs de Bruyères-le-Châtel se virent moissonnés par la toute nouvelle invention : la moissonneuse-batteuse. Ce nouveau propriétaire était affligé d’une grave maladie de peau qui le faisait énormément souffrir et nécessitait des soins délicats. Son infirmière personnelle lui devint bien vite indispensable puisqu’il l’épousa bien avant leur installation au château. En souvenir de ses voyages aux antipodes, dans les années trente, il peupla le parc de kangourous, qui attirèrent la curiosité des enfants du village. Le couple se comporta dans le village en vrais châtelains, secourables et attentifs aux Bruyèrois.  A l’occasion de leur vingt-cinquième anniversaire de mariage, monsieur Wallut offrit  à son épouse, pour qu’elle en fasse don à la paroisse Saint Didier, un calice et un  ciboire ciselés recouverts d’or. Ces vases sacrés sont toujours utilisés pour le saint sacrifice en notre église. Monsieur Wallut mourut avant son épouse et certainement dans de grandes souffrances, deux religieuses l’assistant jour et nuit dans ses derniers moments. Madame Wallut resta seule au château. Très pieuse, elle avait coutume de suivre la messe d’un petit balcon surplombant du premier étage la chapelle, pouvant ainsi s’y rendre directement de sa chambre. Les processions religieuses, telles que la Fête Dieu, se tenaient souvent dans le parc. Les enfants lors de leur première communion, venaient recevoir auprès d’elle quelques menus cadeaux pieux en souvenir de ce beau jour. A la Sainte Catherine aussi, elle aimait accueillir les jeunes filles. Quelques uns encore parmi les plus anciens Bruyèrois et Bruyèroises  se souviennent de sa  gentillesse et de sa générosité. Elle avait fait la connaissance du Frère Badillon de l’Ordre des Hospitaliers de Saint Jean-de-Dieu, et c’est ainsi qu’elle légua par son entremise, château et parc à l’Association pour le  Bien des Jeunes Garçons infirmes pour la mettre à la disposition de l’Œuvre de Saint Jean-de-Dieu de la rue Lecourbe, à Paris. Elle est enterrée auprès de son époux dans le cimetière de Bruyères.

Le ciboire

Le calice

Zone de Texte: L’ORDRE HOSPITALIER DES  FRERES DE SAINT-JEAN-de-DIEU :
	C’est en 1958 que madame Wallut fit le don du domaine à l’Association des Jeunes Garçons infirmes gérée par les Frères Hospitaliers de Saint Jean de Dieu. Mais avant d’aller plus au loin, il faut remonter le temps pour comprendre quel est cet ordre et son action. L’Ordre dont la vocation hospitalière remonte au XVIème  siècle a établi de nombreux hôpitaux et centres de charité dans le monde entier. Le tout premier établissement fut une petite bicoque située près du Marché aux Poissons à Grenade. Un homme de quarante trois ans, dévoré du désir de soulager la détresse de ceux qui souffrent et la pauvreté, la remarqua  en 1539 et fut attiré par l’écriteau cloué sur la porte « Maison à louer pour les pauvres ». Il s’appelait Jðao (Jean) Ciudad et était né en 1495 au Portugal. Après avoir été berger, colporteur d’images et de livres de piété, revenant d’un voyage au Maroc, il se retrouva un jour sur une route d’Andalousie lorsque l’Enfant Jésus lui serait apparu tenant une grenade saignante surmontée d’une croix. Alors une voix lui aurait dit :  « Grenade sera ta croix ». La grenade étant le symbole de charité et la croix l’emblème du sacrifice, il interpréta  cette vision comme un ordre venant de Dieu. Toujours animé cependant  d’un désir pressant d’aider ceux qui souffrent, ce fut seulement quelque temps plus tard, au milieu d’une foule, qu’il reçut en plein cœur l’étincelle qui alluma en lui le brasier de charité….  Abandonnant le peu de biens qu’il possédait il se mit à arpenter les rues, tête et pieds nus, en hurlant son repentir…. On le prit pour fou et il fut interné parmi les déments. Là, il constata à quel point le traitement infligé à ces malades était plus barbare que calmant et, selon lui, la compassion pouvait être un autre remède bien plus chrétien et agissant. Revenu à Grenade il commença  à parcourir la ville à la recherche des indigents et infirmes, se faisant mendiant pour les nourrir et les soigner. Rien ne le rebutait et très vite cette petite maison qu’il avait repéré près du marché aux Poissons devint trop petite. Le but ici n’est pas de raconter toutes ses pérégrinations, sachons seulement que son opiniâtreté loin de lui attirer les quolibets comme jadis, suscita l’admiration des Grenadins qui le surnommèrent « le Père des Pauvres », le respectèrent et l’admirèrent… La vie épuisante qu’il mena aura raison de sa constitution et il mourra pratiquement d’épuisement en 1550, il avait 55 ans.. La ville entière l’accompagna à l’église des Minimes. Très rapidement les miracles vont se succéder sur sa tombe. En 1630 Urbain  VIII le proclamera bienheureux et il sera inscrit au catalogue des saints en 1690. 
	Ce sont les bénévoles qu’il avait formés qui continueront son œuvre et l’élargiront selon ses méthodes. En 1571 Saint Pie V érigera l’œuvre et ses membres en congrégation devant adopter la règle de Saint Augustin, avec les trois vœux :  chasteté, obéissance et pauvreté auxquels s’ajoutera l’hospitalité. En 1586 le pape Sixte Quint élèvera la congrégation au rang de véritable ordre sous le titre de Congrégation des Frères de Jean-de-Dieu. Au premier centenaire de la mort de son initiateur, l’ordre aura essaimé non seulement en Espagne, mais en Italie, au Portugal, dans une grande partie des états d’Europe, d’Afrique, aux Indes et jusqu’au Nouveau Monde…  
	Ce fut le roi Henri IV à l’initiative de son épouse Marie de Médicis, qui dans le courant de l’année 1601 autorisa officiellement les Frères de l’Ordre à fonder un  hôpital à Paris. Un an plus tard, le roi par lettres patentes,  accordait aux Frères la capacité « d’accepter dans tout le royaume  et dans toutes les terres de sa dépendance, les établissements qui leur seront proposés  et d’acquérir des biens pour l’entretien des pauvres ». En 1610 vint s’ajouter  le droit de quêter dans tout le royaume au bénéfice de l’œuvre. A la suite d’un échange ils reçurent l’hôtel de Sansac, rue des Saints Pères, où après des travaux considérables ils établirent leur premier hôpital à Paris qui reçut le nom d’Hôpital de La Charité. Au sein de l’établissement fut élevée une chapelle qui devint un véritable lieu de culte et placée sous le vocable de Saint Jean-Baptiste.  Les Frères de Jean-de-Dieu n’en restèrent pas là et établirent dans toute la France plusieurs établissements  de santé, convalescence ou d’accueil qui prendront le nom de Charités. 
	A la veille de la Révolution, l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu s’était étendu dans toutes les parties du monde. Il était partagé en deux Congrégations : celle d’Espagne, subdivisée en huit Provinces et celle d’Italie, comprenant neuf Provinces, dont la France et ses colonies. La Révolution de 1789  porta atteinte en France au développement de l’Œuvre, cependant les Frères réussirent à toujours se maintenir officieusement, quoique l’hôpital de La Charité ferma ses portes en 1792. La résurrection de la Province Française est due en grande partie au Père de Magallon qui contribua à installer de nouveaux établissements en  France et Outre-Mer. L’œuvre des Jeunes Garçons Infirmes vit ses premières assises posées au 223 de la rue Lecourbe à Paris  le 19 mars 1858. C’était un ancien rendez-vous de chasse de Louis XV dans le village de Vaugirard. Aujourd'hui, le Centre accueille une centaine d’enfants et d’adolescents pris en charge par une équipe pluridisciplinaire médicale. Plusieurs collaborateurs laïcs sont présents aux côtés des Frères de Saint Jean-de-Dieu dans leur Œuvre.
	Lorsque madame Wallut en 1958 céda son domaine à l’Œuvre des Jeunes Garçons Infirmes, des bâtiments adaptés aux besoins des jeunes handicapés furent construits dans le parc pour les accueillir, soit à titre permanent ou à titre de séjours de détente. Le château fut alors réservé aux Frères, qui entreprirent certains travaux pour le modifier. Une petite communauté s’y établit jusqu’en 2005, où malheureusement les locaux destinés aux enfants infirmes furent fermés, pour des raisons administratives indépendantes de l’Ordre, et les quatre Frères qui y séjournaient furent dispersés. C’est avec grand regret que nous les avons vus nous quitter. Ils avaient toujours témoigné beaucoup de bienveillance aux Bruyèrois, organisant des rencontres, mettant à leur disposition leur domaine pour des fêtes, kermesses, etc… Les enfants également ont beaucoup regretté de ne plus profiter des aménagements mis à leurs dispositions dans le parc : piscine, terrain de jeux, allées aménagées pour leurs déplacements… Seul reste dans la partie des communs un Frère qui s’emploie à rassembler du matériel médical, des médicaments, des livres, des vêtements, etc….  qui sous la responsabilité d’un médecin  urologue renommé, président de l’Association des Amis d’Afagnan et de Tanguieta,  sont acheminés en Afrique.
	Le parc maintenant est bien silencieux, seulement animé par les biches, les chevreuils, parfois un sanglier, quelques chevaux y paissent dans la prairie. Cependant nous gardons l’espoir qu’un jour il sera rendu à la vocation désirée par madame Wallut et que l’accomplissement de son vœu charitable un moment suspendu, se réalisera pleinement.

Pour mieux connaître l’Œuvre : www.saintjeandedieu.com

Cf.: Ch. Balufin, « L’Ordre des Frères de Saint Jean de Dieu », in : Bull. Assoc. hist .« Vieux Bruyères », 1994 (10) : p. 41/65.

Saint Jean de Dieu

Tableau de Gomez Moreno

Grenade

 

Vue du quartier Saint Germain en 1619

Dans le cercle : l’hôpital aint Jean-Baptiste de la Charité

Infirmerie de l’Hôpital de la Charité de Paris

L’œuvre des jeunes garçons infirmes de la rue Lecourbe à paris

Deux photos ci-dessus

Des bâtiments qui accueillaient les enfants

Le château pendant les travaux

Dans les années 60

La tourelle avec l’entrée usuelle du château